Salon News

 March 11, 2007

 25 years of Wednesdays by Wayne Larsen

Commentary

When David and Diana Nicholson marked their 1,000th consecutive Wednesday Night salon in 2001, the formidable milestone was celebrated with a huge, happy party, the likes of which residents of Rosemount Avenue had never seen.

The unprecedented occasion was reported not only in The Examiner, but on websites and other electronic media throughout the world. From Hong Kong to Westmount, messages of congratulations flowed in. The couple had achieved the seemingly impossible; if you can imagine hosting a party in your home for anywhere from 20 to 60 people every week for a thousand weeks, you get an idea of what they accomplished.

Now, six years later, the Nicholsons have reached another milestone—an entire 25 years have passed since the first Wednesday Night salon back in 1982. During that time they have not missed a single Wednesday, despite any number of obstacles from ice storms and blizzards to 9/11.

The longevity of their weekly discussions is not only a testament to their tenacity, but by discussing important matters they are, in their own way, making a valued contribution to the intellectual level of our community and society in general.

Though many people hate to admit it, we live in an age dominated by lowbrow ‘tabloid’ values, where untalented, unaccomplished people are given celebrity status and puff pieces dominate news headlines. Nowhere has this been more obvious than the death of Anna Nicole Smith—one of those ‘famous-for-being-famous’ people whose actual resumés are best described as negligible. The deaths of former U.S. presidents Reagan and Ford received much less media attention; even CNN got caught up in all the ‘Anna’ hype—despite the ongoing war in Iraq and other infinitely more important news events. Passing off such stories as news does not make us think; it makes us question our own values.

That’s why we’re fortunate to have people like the Nicholsons and their friends in this community, for the subjects they bring to their table are always relevant and important. With one eye on the economy and the other on the political climate—and a few fingers in various other stimulating subjects—they don’t care if Britney shaves her head or where Anna is buried, and neither should we. As long as these basic values are maintained, we will never completely succumb to the mass ‘dumbing down’ of our society.

Congratulations to the Nicholsons for 25 years of Wednesday Nights. May they continue for many more.

 

La Presse
Économie, mardi, 14 décembre 1993, p. C1

Un salon du XIXe siècle à Westmount

Beauregard, Valérie; Binsse, Lisa

Où peut-on retrouver, assis autour d’une même table, Pierre Marc Johnson, John Ciaccia, Jean Doré, André Saumier et Kimon Valaskakis? Dans la très belle salle à manger de Diana et David Nicholson, les mercredis soirs à Westmount.

Depuis 1981, les Nicholson invitent des amis (les amis des amis sont bienvenus mais non les amis de ceux-ci!) autour de leur table le mercredi soir. Au mois de septembre, ils célébraient leur 600e soirée lors d’un gala qui a réuni le gratin de Montréal. La légende veut qu’aucun mercredi n’ait été raté en 12 ans. À l’occasion, leurs enfants Fiona et Marc et des amis prennent la relève. Même Noël et Pâques auraient été célébrés avec les amis du mercredi soir.

Les Nicholson réussissent également par leurs relations – il est conseiller en investissement, elle est consultante et présentement directeur de projet du Pélican- et celles de leurs amis à attirer des invités de marque. On y rencontre monsieur Untel, président d’une entreprise, madame l’ambassadrice de passage à Montréal. Pierre Marc Johnson note y avoir croisé Pierre Sallinger (attaché de presse de John F. Kennedy) ainsi que M. [David] Rubinger, le célèbre photographe du Time

Parmi les invités de marque rencontrés autour de cette fameuse table, mentionnons aussi M. Jacques de Larosière, ancien directeur général du Fonds monétaire international et ancien gouverneur de la Banque de France, aujourd’hui président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et M. Michel Dupuy, ministre fédéral du Patrimoine canadien.

On retrouve parmi les «réguliers», Margaret Somerville, du centre de médecine, éthique et droit de l’Université McGill, Knut Hammarskjold, président de l’Institut Atwater et Patrick Hénault, ancien ambassadeur de la France auprès de l’OACI et Marc Lalonde. Mme Karin Ahrland, qui était jusqu’à tout récemment consul de la Suède à Montréal fréquentait régulièrement le salon avant d’être nommée ambassadrice de ce pays en Nouvelle-Zélande.

C’est précisément cette grande variété qui attire M. Ciaccia, ministre des Affaires internationales, au salon auquel il participe depuis 1983. «C’est extrêmement intéressant d’avoir l’occasion de rencontrer du monde de milieux divers. Cela m’a permis de voir rapidement les difficultés associées à la compréhension du lac Meech!»

Le fait d’avoir des gens du monde entier qui se réunissent toutes les semaines pour discuter de sujets très variés est une formule excellente pour échanger des idées, dit-il.

«On essaie d’avoir du plaisir», note David Nicholson.

Les invités sont conviés à 21h. À 22h, après un cocktail, la discussion commence. Les thèmes varient d’une semaine à l’autre. Cet automne, on y a entre autres parlé de politique et de libre-échange mais aussi de diamants, de Russie et de Québec Inc. (Pierre Arbour est venu y présenter son livre).

«La guerre du Golfe a débuté et a pris fin un mercredi soir», note Diana.

Ils sont 10 ou 15 ou une trentaine, dépendant des semaines, autour de la table et sur les rangées derrière en plus des nombreux chiens et chats de la famille. Les Nicholson privilégient aussi la présence d’étudiants, amis de leurs enfants ou enfants de leurs propres amis, qui peuvent ainsi rencontrer et discuter avec des personnages connus qui leur seraient normalement inaccessibles.

On demande de respecter la règle du off-the-record

Le salon du XIXe siècle a une consigne: On demande aux invités d’apporter une bouteille de vin et de respecter la règle du off-the-record

Pour alimenter la discussion, David Nicholson, qui consacre de longues heures à préparer ses mercredis soirs, présente des vidéos. Dans la salle à manger, trois télévisions sont installées au mur. David Nicholson dit posséder une centaines de cassettes vidéo représentant plus de 3000 heures d’enregistrement.

Si le sujet de la soirée est le libre-échange, parce que John Ciaccia est à Montréal par exemple, David Nicholson sort ses cassettes sur le sujet. Au cours des jours qui ont précédé la rencontre, il aura pris soin d’enregistrer toute évolution dans le dossier.

Il enregistre tous les jours, tous les bulletins de nouvelles, américains comme canadiens, diffusés en anglais. «C’est le côté Jurassic Park de David», note Pierre Marc Johnson, qui a été invité par un collègue de McGill où il enseigne. L’hôte enregistre aussi des émissions d’information comme le Nightly Business Report diffusé sur PBS. Il fait par la suite une sélection des meilleurs moments.

«C’est une passion!» admet David Nicholson. «C’est comme les arachides, note quant à elle Diana. Après en avoir mangé une, il est difficile d’arrêter.»

On se rappellera que M. Nicholson avait suggéré aux lecteurs de l’ancien hebdomadaire financier This Week in Business de liquider leurs titres québécois à cause de la montée du PQ dans les sondages. Les amis de David reconnaissent que cette fois-là, il était allé beaucoup trop loin.

Les chandelles qui brûlent sur la grande table étroite -«une table merveilleuse pour la discussion, note Diana Nicholson»-, les boiseries de la salle, la cloche qui appelle les invités autour de la table à 22h… Le tout donne un caractère mystique à la soirée qui finit rarement avant les petites heures du matin.

C’est Monsieur qui est le maître de cérémonie. Télécommande en main, il contrôle la discussion, demande à un invité d’intervenir, l’interromp lorsqu’il juge que celui-ci en a assez dit. Madame, assise à l’autre bout de la table, participe grandement aux discussions et ne se gêne pas pour ramener Monsieur à l’ordre si nécessaire.

«On s’oblige qu’un seul parle à la fois, tout en prenant un verre. Même si David doit parfois donner des coups sur les verres pour rappeler les gens à l’ordre, fondamentalement, la règle est intéressante», note Pierre Marc Johnson.

M. Johnson félicite les Nicholson pour leur constance. «Les gens disent que c’est un salon de Westmount qui se tient en anglais… Mais rien n’empêche d’autres de le faire», dit-il.

Le tout a commencé en 1981 quand Carl Beigie, un économiste réputé qui enseignait à l’Université McGill, était hébergé par les Nicholson. Au début, ceux-ci invitaient des amis à dîner pour échanger avec M. Beigie. Au fil des ans, le dîner de fin de soirée à été transformé en cocktail.

M. Peter Trent, un régulier des mercredis soirs et maire de Westmount depuis deux ans, pense que la société a besoin de ce type de salon qui lui permette de tester ses nouvelles idées, même les plus folles, sur les invités avant de les présenter à ses contribuables. «Les discussions de haut niveau, parsemées d’humour, me permettent de sortir de mon domaine. C’est une expérience instructive… une tradition que je veux conserver.»

La force de ce salon, ajoute-t-il, s’appuie sur les personalités de Diana et David, tous deux brillants dans leur champ de compétence respectif.

Des détracteurs? Le salon ne plaît pas à quelques Westmountois de longue date, répond-il. D’autres trouvent le tout louche mais au fond, ça les amuse.

© 1993 La Presse. Tous droits réservés.

Numéro de document : news·19931214·LA·079

Leave a Comment

comm comm comm