L'industrie nucléaire canadienne doit mieux gérer ses déchets

 

26 oct 2007
L’industrie nucléaire canadienne devrait jouer un rôle plus actif pour résoudre les problèmes liés à l’entreposage des déchets nucléaires sous la terre, selon un environnementaliste américain.

Le directeur du programme nucléaire du Conseil américain pour la défense des ressources naturelles, Thomas Cochran, croit que le Canada, comme tout pays producteur d’énergie nucléaire, devrait développer un programme de gestion à long terme des déchets radioactifs.
Au cours de la conférence Climat 2050, qui a réuni près de 400 participants à Montréal vendredi, il a soutenu qu’il incombait à l’industrie de développer une solution pour les déchets, avant qu’elle en produise trop. Selon lui, l’industrie n’assume sa part de responsabilités dans aucun pays.
Depuis quelques années, l’industrie a fait la promotion de l’énergie nucléaire comme celle d’une importante source d’énergie qui n’émet pas de gaz carbonique et qui pourrait permettre de diminuer facilement les émissions de gaz à effet de serre du pays.
Ottawa a par ailleurs annoncé en juin dernier avoir accepté une proposition, soumise par l’industrie, de développer la capacité du Canada d’entreposer sous la terre les rebuts de l’industrie nucléaire.
Selon le ministre fédéral des Ressources naturelles, Gary Lunn, le Canada est encore à «des décennies» d’être en mesure de déterminer comment, et surtout à quel endroit entreposer de tels déchets.
Les résidus émanant des réacteurs canadiens sont actuellement entreposés sur le site même de la centrale, d’abord dans des piscines de désactivation, puis dans des conteneurs.
Selon la Société de gestion des déchets nucléaires, le groupe d’industriels à l’origine de la proposition d’entreposage souterrain, les déchets nucléaires canadiens rempliraient l’équivalent d’à peine cinq patinoires au total.
«Ce n’est pas comme si vous aviez des montagnes de cendres de charbon», a indiqué le directeur en environnement de l’organisation, Anda Kalvins, après une plénière sur l’énergie nucléaire. «Les rebuts créés peuvent être contenus dans les piscines et les conteneurs.»
Alors que le besoin de construire des installations à long terme n’est pas urgent, compte tenu de la quantité actuelle de déchets nucléaires, Thomas Cochran estime qu’il est temps pour l’industrie d’arrêter de refiler le problème aux autres.
«Le Canada a échoué à développer plus tôt un entrepôt, et 40 ans plus tard, il n’en a toujours pas», croit-il.
«L’industrie avance cet argument: «Oh, nous pouvons entreposer le tout de façon sécuritaire sur le site de la centrale» et passer le problème aux générations futures, mais si vous multipliez par trois la capacité globale de produire de l’énergie nucléaire, vous aurez très souvent besoin d’un nouvel entrepôt géologique.»
Plusieurs groupes écologiques, dont Greenpeace, ont manifesté leur opposition quant à l’entreposage souterrain, craignant des fuites radioactives ou des accidents.
L’opposition pourrait croître si le Canada choisit de se joindre au Partenariat global sur l’énergie nucléaire, une initiative américaine qui vise à regrouper les pays utilisateurs d’énergie nucléaire et les exportateurs d’uranium.
Le partenariat, qui compte parmi ses 16 membres la Russie et la Chine, prévoit une proposition qui pourrait faire en sorte que le Canada entrepose et épure les rebuts nucléaires d’autres pays. L’idée serait de renvoyer au pays exportateur d’uranium les déchets radioactifs pour qu’il en dispose lui-même.
Le Canada est le plus grand exportateur d’uranium au monde.
Presse Canadienne

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